La tradition des bars à pute a longtemps été très prégnante en France. Que ce soit dans le quartier chaud de Pigalle (qui est un peu notre quartier rouge hexagonal) ou dans le reste du pays, ces lieux où l’on peut prendre un verre avec une prostitué, avant de s’éclipser dans une chambre ont toujours la côte.

Mais la question de la pénalisation des clients rend cette pratique de plus en plus dangereuse. Et coûteuse. Nous faisons le point sur la situation. Et les alternatives légales au bar à pute.

Le boudoir : le bar à pute 2.0 qui a ouvert ses portes à Paris

On le sait, pour se faire connaître et perdurer à Paris, il faut savoir se montrer original. C’est pourtant une idée vieille comme le monde qui a inspirer l’ouverture du Boudoir à Paris, il y a maintenant un an.

Au boudoir, on revisite l’esprit du bar à pute. Le concept consiste à donner la possibilité de siroter un cocktail avec des femmes magnifiques. Qui vendent ensuite leurs charmes en arrière salle. Pas de détour sur l’appellation de ces dernières : il ne s’agit pas d’entraineuse. Mais bel et bien de prostitués.

Comment se rendre dans un bar à putes ?

Dans un quartier chic, le boudoir reprend tous les codes du bar à pute. Une ambiance chaleureuse et conviviale (avec des gros fauteuils en cuir), une lumière tamisée. Mais aussi et surtout beaucoup de scotch pour délier les langues et les cœurs.

A la seule différence que les serveuses ne se contentent pas de préparer les cocktails. Dès que vous serez installé, elles vous proposeront bien une carte, dans laquelle se mêlent boissons alcoolisées et prestations sexuelles. Pour moins de 50 euros, vous pourrez donc déguster un cocktail au rhum et profiter du fellation. Pour 100, la boissons de votre choix et une initiation aux plaisirs de la chère.

Les rencontres en trio sont également possibles, à condition de doubler les prix, bien sûr.

Une expérience unique… mais qui frise l’illégalité.

Une fois dans l’ambiance, le client n’a donc plus qu’à faire le tour des jeunes serveuses et de choisir celle qui comblera ses envies de la soirée. Ensuite, c’est derrière une porte close et un rideau noir que tout se passe. Canapés confortables, barres de pole dance et tables en verre promettent une soirée endiablée.

Et il faut croire que le concept du boudoir plait. Pour tous les hommes qui n’osent pas démarcher les prostitués (nombreuses à Paris) qui font le trottoir, ou qui apprécient tout simplement de boire quelques verres pour se détendre avant une prestation tarifée, le bar à pute reste une solution idéale.

Il ne faut cependant pas oublier qu’il s’agit bien là de prostitution. Et que cette pratique est passible d’une amende de 1 500 euros. Ce qui refroidit un peu…

Bar à pute de Pigalle : que sont-ils devenus ?

A Paris, c’est surtout le quartier sulfureux de Pigalle qui était connu pour ses bars à Pute. Comme beaucoup de coins de la capitale, Pigalle s’est assagi et gentrifié. En effet, les bars à hôtesses et les sex shops font désormais place aux boites de nuit plus traditionnelles et aux brasseries. Fini l’ambiance glauque diront certains… mais aussi les plaisirs tarifés qui faisaient les beaux jours des prostitués parisiennes, et surtout de la mafia corse et marseillaise.

Est-ce légal d'aller dans un bar à putes ?

Pour autant, les bars à pute n’ont pas complètement désertés Pigalle. On trouve encore des bars à cocktail dans lesquels les serveuses ne se contentent pas de vous apporter vos verres. Les moeurs ont changé, certes, mais les prostitués et les réseaux qui les encadrent sont loin d’avoir disparus, préférant souvent migrer vers Internet où tout est caché, donc plus simple.

Selon une récente étude menée au début des années 2000, on est passé de plus de 50 bars à pute dans le seul quartier de Pigalle, pour seulement 2 aujourd’hui. La chute des bars à pute s’est très vite accélérée, malgré un pic à plus de 80 établissement à la fin des années 90. L’arrivé des bobos dans e quartier explique ce changement de mœurs. Pigalle n’était d’ailleurs pas connu que pour la prostituion, mais aussi pour la location de modèles nus qui vendaient leur service aux peintres après les deux guerres mondiales.

Est-ce une pratique légale ?

Le bar à pute pose cependant la question de la légalité. Il est en effet étonnant qu’après la pénalisation de la prostitution, et le fait que le proxénétisme soit toujours une pratique illégale en France, ces établissements aient toujours pignon sur rue.

En effet, si on préfère les appeler des entraineuses, ou des hotesses, les femmes qui travaillent dans ces bars sont en réalité bien des prostituées. Or, si elles ont parfaitement le droit d’exercer cette activité (le fait de se prostituer n’étant pas passible d’une sanction légale), faire appel à ses services n’est plus autorisé par la loi depuis la fameuse loi de 2016.

En effet, être client d’un bar à pute n’est techniquement pas légal. Et se payer les faveurs sexuelles d’une prostitué qui y travaille revient clairement à cautionner la précarité économique et la grande vulnérabilité dans laquelle se trouve ses femmes (tout comme les putes du bois de Boulogne). Alors certes, leurs conditions de travail sont nettement moins dangereuses que dans la rue, ou même sur Internet où elles sont très peu encadrées, mais cela n’en reste pas moins de l’exploitation humaine.

Pour ne pas cautionner de telles pratiques, tout en prenant son pied, le mieux reste de s’inscrire sur une application de rencontre coquine. Vous y découvrirez de nombreuses jeunes femmes qui souhaitent prendre du bon temps, le tout sans vous demander de l’argent !