Le bois de boulogne est certainement le centre névralgique de la prostitution à Paris. Connue pour ses putes du monde entier et ses travestis, le Bois de boulogne fait fantasmer autant qu’il peut effrayer. En effet, les faits divers dépeignent le plus souvent un lieu dangereux, à la fois pour les prostitués et les clients. Et la pénalisation des clients tend à aggraver les choses en précarisant le plus vieux métier du monde.

Plongée en eaux profondes, dans le quotidien des putes du Bois de Boulogne et de leurs clients.

Des agressions de plus en plus fréquentes

Les faits d’hiver ne font jamais de bonnes cartes de visite pour les putes du Bois de Boulogne. Et on peut dire que 2018 a été une année noire pour la prostitution dans ce quartier en périphérie de Paris. Cet été, c’est le meurtre d’une prostitué qui a fait les choux gras de la presse. Et il semblerait que la violence soit plus difficile à endiguer que l’envie de se faire tailler une pipe à l’est de Paris.

La police l’appelle d’ailleurs le carré magique… On se demande pourquoi car il ne s’agit en réalité que de quelques bâches qui abritent les passes des « marcheuses du bois de boulogne ». Mais surtout leur attente d’un nouveau client, et leurs conversations sur leur pays d’origine et leurs rêves parisiens avortés.

Où trouver les putes du Bois de Boulogne ?

La cohabitation entre flics et putes du Bois de Boulogne n’est pas toujours facile. L’une d’elles revient parfois pour se plaindre des policiers qui rodent dans le coin. Et qui empêchent les clients de finir. Une frustration qui se retourne le plus souvent contre elles. Les coups ou les réclamations pour se faire rembourser ne sont en effet pas rare. Et dans tous les cas, les putes du Bois de boulogne étant souvent en situation irrégulières, elles ne comptent pas porter plainte.

Plus de 400 prostitués dans une situation dangereuse

Si les policiers font constamment le pied de gru, il reste difficile de quadriller l’immense bois de boulogne, et les 400 putes qui y travaillent. Les filles viennent d’Europe de l’Est, d’Amérique Latin, et on trouve aussi beaucoup de trans et de travesti. Sous les bois ou dans une camionnette, qui est souvent grassement louée par un proxénète, les conditions de travail des filles du bois varient énormément.

Vanessa Campos aura subi les lourdes conséquences de cette réalité complexe de la prostitution au Bois de Boulogne. Elle est décédée cette été après avoir reçu une balle au niveau du Thorax. Beaucoup décrivent une personne avec le cœur sur la main, et qui se prostituait uniquement pour joindre les deux bouts. L’un de ses agresseurs est toujours dans la nature, ce qui ne rassure pas vraiment les putes du Bois de Boulogne.

Mais cette affaire médiatisée n’est que la pointe émergée de l’Iceberg. Le chiffre noir des agressions au bois de boulogne ne cesse d’augmenter. Ces neufs derniers mois, 18 plaintes ont été recensés pour des faits de violence qui visaient les marcheuses. Il y en avait 10 de moins l’année dernière.

Les sanctions dissuadent rarement les agresseurs

Le problème est qu’avec des sanctions assez légère, et rarement appliquées, les agresseurs se sentent libres de sévir en toute impunité. Beaucoup des putes du Bois de Boulogne préfèrent ainsi travailler en bande, pour se sentir plus protéger. Mais pour les petites nouvelles, les altercations pour se disputer un bout de territoire peuvent se traduire par un isolement très dangereux, surtout quand on ne connait pas vraiment les règles du métier.

Pute Bois de Boulogne : combien coûte une passe ?

Du côté des clients, il n’y en a pas un qui ressemble à l’autre. Entre les petits vieux qui viennent au bois pour « soulager un besoin urgent », et les jeunes qui se promènent en touriste (même s’ils habitent à l’autre bout de Paris), difficile de faire le portrait robot d’un potentiel agresseur.

Dans tous les cas, les sanctions qui leur sont appliquées depuis 2016 sont rarement effectives sur le terrain. Le texte de loi parle d’une amende de 1 500 euros, mais en pratique, elle dépasse rarement les 200. Les contraventions sont rares, et peu dissuasive. Donc le plus vieux métier du monde continue de tourner, et les agressions ne reculent pas.

Un dispositif de sortie en berne pour les putes du Bois de Boulogne ?


Avec la nouvelle loi de pénalisation des clients, le gouvernement français avait aussi et surtout tenté de proposer un dispositif de sortie de la prostitution pour les putes du Bois de Boulogne, et les autres. Le problème est qu’il est difficilement applicable pour celles qui ne sont pas en situation régulière. Et qu’il n’est pas très incitatif pour les autres, avec une aide financière plutôt maigre de seulement 330 euros par mois.

Karim, qui a presque 50 ans a tapiné au Bois de Boulogne pendant la grande majorité de sa vie, en a bénéficié cette année. Travesti, il se souvient de ces années de « débauche », mais aussi et surtout des moments de complicités avec ses collègues, à se prêter du maquillage et à papoter entre chaque passe.

Par contre, il ne regrette pas les clients sales, malades ou violents, qui t’embarquent dans leur voiture et te largue en plein milieu de Paris une fois qu’ils ont fini leur affaire. Approché par une association spécialisée dans la réinsertion des putes du Bois de Boulogne : le Nid, Karim s’est vu proposer un logement social (pour un petit loyer de 500 euros), la fameuse aide de 330 euros par un mois et un travail de nuit. Aujourd’hui, il s’avoue prêt à tout pour ne pas retourner au Bois de Boulogne.

Qu’a changé la pénalisation du client pour les prostitués du Bois de Boulogne ?

Mais quelle que soit la pute du Bois de Boulogne avec laquelle vous allez échanger, toutes vous diront qu’elles se sentent beaucoup moins en sécurité depuis la loi pénalisant leurs clients. En effet, elles craignent désormais de devoir accepter des rapports sans protection, et de devoir exercer leur métier dans des lieux plus reculés, et donc plus propice aux agression.

Beaucoup jugent cette loi « préjudiciables » surtout pour les putes, et non les clients. Leurs revenus ont baissé et elles doivent s’éloigner de la police, qui pouvait parfois faire office d’une « maigre » protection. Le client est donc plus à même d’imposer des pratiques à risque et de faire baisser les tarifs.

Raison de plus de se détourner de la prostitution et de lui préférer des méthodes légales et moins dangereuses, comme les sites de rencontre coquin. On peut y accumuler les plans culs, non tarifés et sans avoir à entrer dans la clandestinité.