Un cri de colère a été lancé en 2003 pour dire non aux dégradations constantes et inadmissibles que subissent les filles dans nos quartiers. Qu’est-ce donc que ce cri si ce n’est le combat pour la liberté et l’émancipation de tous, pour le vivre ensemble et la démocratie ?
Comment tolérer qu’au 21ème siècle, Sohane ou Chahrazad soient brûlées vives par un garçon en plein cœur de leur quartier ? Comment pouvons-nous accepter que Ghofrane soit tuée à coup de pierre dans un terrain vague à Marseille ? Que dire encore de toutes ces jeunes mariées de force ou menacées de mariage que nous accueillons dans nos permanences ? Souvenons-nous aussi du courage et de cette formidable leçon d’amour et d’espoir que nous a donné Samira Bellil qui avait témoigné dans un livre poignant des viols collectifs qu’elle avait subi.
Sur le terrain.
Depuis 2003 nous avons brisé le silence sur la condition de vie de nos concitoyens dans les quartiers populaires aux prises à la précarité et aux discriminations.
Les violences urbaines de 2005, et les événements de 2007 à Villiers-le-Bel, ont démontré qu’il était urgent de redonner de l’espoir aux habitants de nos cités. Redonner leur place aux papas qui comme leurs enfants subissent le chômage et la discrimination ! Aider ces mamans et ces femmes, victimes elles aussi de la précarité, qui se battent au quotidien pour joindre les deux bouts et acquérir les outils de leur émancipation.
Sur la scène internationale.
Depuis 2003, nous avons été confortés dans cette terrible constatation qu’en France, mais aussi à travers le monde, le statut de la femme était en constante dégradation.
A l’heure de la mondialisation notre combat se mène ici et là-bas puisque les femmes sont les premières victimes des replis identitaires et nationaux des relativismes culturels qui ont pour conséquence une montée effrayante des sociétés patriarcales et des obscurantismes.
C’est ce combat courageux et difficile de l‘émancipation de toutes les femmes que Ni putes ni soumises entend prendre à bras le corps, avec force et sans compromission. Nos comités locaux à l’étranger et les multiples rencontres nous prouvent s’il en était besoin l’urgence d’agir.
A l’échelle de la planète.
Depuis 2007, Ni putes ni soumises est doté du statut consultatif auprès de l’ONU. Ce titre est pour nous un outil qui nous permet de peser à l’échelle des Nations afin que l’émancipation des femmes soit un préalable pour tous les Etats membres et soit une condition à toute relation internationale.
