l'asso

                   «Ni putes ni soumises !»    


C’est pour dire non à la dégradation constante et inadmissible que subissent les filles dans nos quartiers que nous avons lancé ce cri de colère. Un cri au visage de notre société pour que plus personne ne puisse dire : "on ne savait pas!" Qu’est-ce donc que ce cri si ce n’est le combat pour la liberté et l’émancipation de tous ? Qu’est-ce donc que ce cri si ce n’est un combat pour le vivre ensemble et la démocratie ?
En effet, comment pouvons-nous tolérer qu’au 21ème siècle, Sohane ou Chahrazad soient brûlées vives par un garçon en plein cœur de leur quartier ? Comment pouvons-nous accepter que Ghofrane soit tuée à coup de pierre dans un terrain vague à Marseille ? Que dire encore de toutes ces jeunes mariées de force ou menacées de mariage que nous accueillons dans nos permanences tous les jours. Souvenons-nous aussi du courage et de cette formidable leçon d’amour et d’espoir que nous a donné Samira Bellil qui avait témoigné dans un livre poignant des viols collectifs qu’elle avait subit.

Sur le terrain.
Depuis 5 ans nous avons brisé le silence sur la condition de vie de nos concitoyens dans les quartiers populaires aux prises à la précarité et ux discriminations. Nous avons travaillé dur et réussi en partie pour que le respect retrouve ses lettres de noblesse, pour que les garçons et filles réapprennent à vivre ensemble, pour que la mixité sous toutes ces formes redevienne réalité. Les violences urbaines de 2005, et les événements de 2007 à Villiers-le-Bel, ont hélas démontré qu’il était urgent de redonner de l’espoir aux habitants de nos cités. Redonner leur place aux papas qui comme leurs enfants subissent le chômage et la discrimination ! Aider ces mamans et ces femmes, victimes elles aussi de la précarité, qui se battent au quotidien pour joindre les deux bouts et acquérir les outils de leur émancipation. Voici l’un des chantiers qui nous mobilisera avec force dans les années à venir.

Sur la scène internationale.
Depuis 5 ans que nous travaillons d’arrache-pied sur le terrain, nous avons été confortés dans cette terrible constatation qu’en France, mais aussi à travers le monde, le statut de la femme était en constante dégradation. En effet, à l’heure de la mondialisation notre combat se mène ici et là-bas. A l’heure où nos sociétés doutent d’elles mêmes les femmes sont les premières victimes des replis identitaires et nationaux des relativismes culturels qui ont pour conséquence une montée effrayante des sociétés patriarcales et des obscurantismes. C’est ce combat courageux et difficile de l ‘émancipation de toutes les femmes que Ni putes ni soumises entend prendre à bras le corps, avec force et sans compromission. Nos comités locaux à l’étranger et les multiples rencontres nous prouvent s’il en était besoin l’urgence d’agir.

Briser le silence.
Nourris par l’internationalisme des progressistes nous menons désormais notre combat à l’échelle de la planète.
Depuis le début de l’année 2007, Ni putes ni soumises est doté du statut consultatif auprès de l’ONU. Ce titre est pour nous un outil qui nous permettra de peser à l’échelle des Nations pour que l’émancipation des femmes soit un préalable pour tous les Etats membres et soit une condition à toute relation internationale.

Alors OUI,  l’action d’urgence en France et la solidarité internationale seront pour nous prioritaires dans les années à venir.

En avant !
Le Féminisme est une action politique qui nécessite la construction de stratégies communes ! Le Féminisme est un seul et même combat quelle que soit la diversité des contextes !
Le Féminisme est la recherche d’égalité partout dans le monde !

Il est le cœur de ce nouvel altermondialisme féministe basé sur l’égalité, la laïcité et la mixité.
Le 21eme siècle sera Féministe !

2011

2011 est une année de maturation dans la continuité pour Le Mouvement Ni Putes Ni Soumises.
Continuité dans l’action de terrain avec les ambassadrices de la Laïcité qui sillonnent la France pour faire de la pédagogie sur la question du voile intégral. Continuité avec la Campagne de mobilisation autour des violences sexuelles au Congo, une proposition de création d’un tribunal pénal International équivalent à celui du Rwanda est déposée aux instances internationales à Bruxelles, de même qu’une demande de bienveillance administrative pour les femmes rescapées du féminicide.

En juin, le Mouvement demande aux partis politiques républicains d’exclure les élus condamnés pour des questions de violences et d’agressions sexuelles. Des concerts de casseroles se succèdent avec une idée simple : les partis doivent être exemplaires sur la question des Droits de Femmes ! C’est ainsi qu’ils lutteront contre l’abstention.

En septembre, les Etats Généraux de la Laïcité et de l’Egalité se réunissent à Lyon. A l’aube de la Présidentielle, NPNS refuse de laisser Marine Le Pen s’emparer de cette valeur républicaine centrale et réunit des acteurs politiques, associatifs, et professionnels pour réfléchir autour des questions concrètes du Vivre Ensemble.

En décembre, le Mouvement se réunit pour ses Universités et son Congrès à Dourdan. 8 ans à peine après sa création, le Mouvement convoque des élections démocratiques qui voient s’affronter deux candidates sur les grandes thématiques du féminisme populaire et de son renouveau. C’est Asma Guénifi, secrétaire générale et militante de longue date qui remporte les suffrages des militants et entame une nouvelle mandature. Convaincue de la nécessité de combattre les fondamentalismes et l’Extrême Droite qui œuvrent pour la régression des Droits des femmes, Asma Guénifi compte bien faire résonner les voix des femmes des quartiers populaires, et continuer de manifester le soutien sans faille de NPNS aux révolutionnaires dans les pays arabes et partout dans le monde.