Les partis égyptiens balaient l'égalité

Les partis égyptiens balaient l'égalité

L’Egypte célèbre aujourd’hui le premier anniversaire de sa Révolution. Place Tarhir, des manifestant demandent aux militaires d’accélérer le processus de démocratisation. Le Mouvement Ni Putes Ni Soumises s’inquiète du peu de progrès de la démocratie en Egypte, en particulier sur les pressions exercée sur les ONG et associations laïques, parfois fermées sou le pretexte fallacieux de lien trop proche avec l’étranger. Sur les droits des femmes, la situation de la bloggeuse Aliaa El Mahdy, harcelée, la pratique hélas fréquente des test de virginité doivent être dénoncés plus vigoureusement par la Communauté Internationale. Les menaces qui pèsent sur la liberté de culte et la liberté de la presse nous confirment que notre vigilance doit être accrue afin que la Révolution Egyptienne donne lieu à une véritable démocratie.

La future Constitution égyptienne « doit se fonder sur la non-discrimination et l’égalité entre hommes et femmes », exhorte Amnesty International. Au Caire, l'Assemblée du peuple nouvellement élue tenait sa première séance, lundi 23 janvier. Entendra-t-elle cet appel ? Rien n'est moins sûr. L'ONG avait soumis aux partis politiques égyptiens en campagne un « manifeste des droits humains », qui contenait 10 engagements (détaillés ici) ; les réponses dévoilées mardi n'incitent pas à l'optimisme.
Mettre un terme à l'état d'urgence, combattre la torture, garantir l'équité des procès, faire respecter la liberté d'association et d'expression, appliquer les droits des habitants des bidonvilles... autant d'engagements que la grande majorité des partis ont pris, par écrit ou par oral, auprès de l'ONG. Ce qu'Amnesty juge « encourageant ».

Les Frères musulmans restent muets

Mais la quasi-totalité des partis interrogés se déclarent opposés à un moratoire sur la peine de mort et son abolition à terme. Et nombre d'entre eux, qui représentent une très large majorité dans la nouvelle Assemblée, ont également refusé de s'engager sur les droits des femmes – notamment l'égalité en matière de mariage, de divorce, de garde des enfants et d'héritage (1). Plusieurs partis, note l'ONG, « ont invoqué la loi islamique pour expliquer leur refus ».
C'est le cas du parti salafiste Al Nour, qui a remporté le quart des sièges à l'Assemblée. Quant au parti de la liberté et de la justice (PLJ, issu des Frères musulmans), qui a raflé près de la moitié des sièges et décroché la présidence de l'Assemblée, il n'a jamais donné suite aux demandes d'Amnesty, « malgré les efforts considérables déployés pour connaître ses opinions. »

508 députés, 10 femmes

Les partis qui ont pris l'engagement de protéger les droits des femmes totalisent moins de 100 sièges, moins de 20% de l'Assemblée. Et ce ne sont pas les femmes elles-mêmes qui pourront défendre leurs droits dans cette enceinte : sur 508 députés elles ne sont que... 10.
« D'énormes obstacles restent à franchir pour que les femmes puissent jouer pleinement leur rôle dans la vie politique en Égypte », commente le directeur adjoint du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient. « Les hommes et les femmes étaient côte à côte dans les manifestations et ont été les acteurs du mouvement qui a conduit au départ de Moubarak et à ces élections. Refuser l'égalité doucherait l'espoir que l'Égypte entre dans une nouvelle ère de respect des droits et de dignité pour tous », ajoute Philip Luther.

Avec lesnouvellesnews.fr

publié le jeudi 26 janvier 2012 à 02:23 par npns
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