A Alençon ( Orne ), le CHRS (Centre d'Hébergement et de Réinsertion Sociale) La Clarté, qui accueillait un grand nombre de femmes victimes de violences, a fermé ses portes hier. Ce centre était le seul accueil des femmes victimes de violences de tout le département.
Près de mille femmes en 16 ans ont été accueillies et suivies par La Clarté, et ces femmes ne trouveront dans le département de l'Orne aucun autre CHRS. C'est ainsi que Catherine El Baz pousse un coup de gueule dans le journal local, Ouest-France : "On les aidait à se reconstruire, à reprendre confiance. On entend dire que la lutte contre la violence faite aux femmes est une priorité et on ferme le seul établissement qui s'en occupait dans l'Orne. Ça m'inquiète de voir que la société n'est pas capable de prendre en charge les plus fragiles parce qu'on les associe à un coût. Tout le monde peut se retrouver un jour dans une situation difficile."
La lutte contre les violences faites aux femmes était la Grande Cause Nationale en 2010. Les annonces ont été discrètes durant cette année et pourtant, la réalité est toujours dramatique. Un récent rapport de l' ONDRP ( Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales ) pointe que seules 2% des femmes victimes de violences conjugales portaient plainte contre leur conjoint violent, et que moins d'une femme sur cinq consulte un médecin après avoir subi ces agressions.
Fermer les quelques lieux d'accueil des femmes victimes de violences qui subsistent fait prendre un risque de discrétion de la prise en charge de ces femmes, alors qu'il faudrait au contraire faciliter l'accès aux soins et aux suivis médicaux, psychologiques, sociaux et pénaux. Il faudrait au contraire démultiplier les relais sur tout le territoire, dans les quartiers populaires où ils manquent terriblement, mais aussi dans les zones rurales. La question des moyens est illusoire, voire mensongère. En effet, à l'heure actuelle, le coût de la prise en charge des femmes victimes de violences est estimé à 1 milliard d'euros. Un budget qui pourrait nous permettre de réfléchir à une meilleure organisation et optimisation des moyens et des services existants.
Le Mouvement Ni Putes Ni Soumise salue le travail du CHRS La Clarté, et continuera de réclamer des moyens d’accueil. La lutte contre les violences faites aux femmes nécessite une mobilisation générale, et doit devenir enfin une priorité nationale.
publié le mardi 19 juillet 2011 à 15:58 par npns
