Stéphanie Rameau :"Des idées reçues qu'il faut combattre"

Stéphanie Rameau :

Stéphanie Rameau, du Comité NPNS de Tourcoing (53), animait hier soir un débat consacré au droit des femmes dans le Monde. Entretien.

Selon vous, comment a évolué la situation de la femme ces dernières années ?

« Je trouve que c'est de pire en pire. Les choses se sont vraiment dégradées. On parle beaucoup des violences, des viols ou des meurtres, et on a raison. Mais il n'y a pas que ça. Les exemples sont nombreux. On propose plus souvent aux femmes des études courtes, leur salaire est inférieur à celui des hommes, elles doivent privilégier leur maternité plutôt que leur carrière. En fait, nous sommes en 2 011 mais certains préjugés ont la vie dure. On dit souvent que les femmes ont l'instinct maternel par nature, qu'elles sont dépensières... Mais ça marche aussi pour les hommes, lorsqu'on dit qu'ils ne doivent pas pleurer, par exemple. Autant d'idées reçues qu'il faut combattre. »

D'où viennent ces comportements ?

« Nous sommes façonnés par notre environnement. Que les gens aient des stéréotypes dans leur esprit, ce n'est pas si grave. Le pro blème arrive lorsque ça devient du sexisme, c'est-à-dire quand il y a une dévalorisation du sexe opposé. Par exemple, la manière dont la publicité montre les femmes, toujours fines, belles et dénudées, participe à tout cela. Et le pire, c'est que c'est tellement ancré dans les mentalités que certains ne comprennent pas que ça nous choque... Maintenant, ça leur paraît normal. »

Comment faire en sorte que tout cela change ?

« Le maître mot est la communication. Les femmes doivent exprimer ce qu'elles ont sur le coeur. Parfois, elles sont victimes de violences conjugales mais n'osent pas porter plainte, franchir le pas... Surtout dans les milieux aisés, où il y a beaucoup de tabous, certaines femmes n'osent pas parler, de peur de perdre leur situation sociale. Il faut vraiment éduquer la nouvelle génération, changer les mentalités. Que les gens deviennent acteurs de la société, et non de simples spectateurs. Des réunions comme celle de jeudi (lire ci-dessous) permettent de faire avancer les choses. »

La situation est-elle identique dans tous les milieux ?

« On stigmatise beaucoup les quartiers. Certes, la situation est loin d'y être parfaite, mais il y a des problèmes partout. Ce qui est sûr, c'est que "Ni putes ni soumises" n'est pas une association réservée aux habitants des quartiers. Il s'agit simplement de défendre l'image des femmes, d'où qu'elles viennent. De même, nous sommes apolitiques. Les gens ont parfois la vision de ces féministes des années soixante-dix, pas toujours très ouvertes. Chez nous, rien de tout cela. nous acceptons même les hommes ! D'ailleurs, dans le comité nordiste, il y en a deux, c'est-à-dire 20 % des effectifs. Et on peut encore augmenter cette moyenne. »

Source : La Voix du Nord

publié le vendredi 11 mars 2011 à 10:49 par npns
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